Le Botox réduit la part du chirurgical en cosmétologie

L'exigence de jeunesse qui caractérise les sociétés occidentales transcende apparemment les difficultés économiques. Alors que le marché des soins non remboursés se tasse et que plus d'une personne sur deux reconsidère ses dépenses alimentaires et vestimentaires (sondage TNS-Sofres de novembre 2008), l'esthétique médicale échappe à la crise.

 

Selon les chiffres rendus publics vendredi 9 janvier par l'Imcas, l'observatoire mondial de l'esthétique médicale, ce marché - 7 milliards de dollars (5,25 milliards d'euros) en 2008 pour le monde entier - devrait continuer de progresser de 5 % à 10 % par an.

 

Conformément aux tendances des trois dernières années : le chirurgical (implants mammaires, liposuccion...) perd du terrain par rapport au médical. Entre 1997 et 2007, quand le marché de l'esthétique croissait de 457 % en valeur, le chirurgical augmentait de 114 %, tandis que la demande pour des actes médicaux légers explosait de + 754 %.

 

Une étude de l'Association américaine de chirurgie plastique (ASPS), réalisée en mars puis en octobre 2008, montre que la crise accélère les tendances : la consommation des femmes - elles forment 90 % de la clientèle - se porte prioritairement sur des traitements légers et moins onéreux. Ainsi aux Etats-Unis, la pose de prothèses mammaires a chuté de 62 %, alors que les traitements légers par le Botox (effacement des rides) ou l'acide hyaluronique (comblement des rides) augmentent de 73 %.

 

FORTE DEMANDE EN EUROPE

 

En 2008, les injections de Botox, d'acide hyaluronique et l'épilation laser forment le trio gagnant de l'esthétique médicale.

En chirurgie, la liposuccion garde une longueur d'avance sur l'augmentation mammaire et la chirurgie des paupières. "Les patients recherchent les traitements les moins invasifs et qui les immobilisent le moins longtemps possible", explique le Dr Benjamin Ascher, directeur scientifique de l'Imcas. "Mais concernant les seins, la demande chirurgicale reste stable", précise-t-il.

 

Traditionnellement, l'Europe (1,9 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2008) représente un tiers du marché mondial. Selon le cabinet américain Medical Insight, la demande européenne devrait progresser d'ici à 2012, plus rapidement (13,2 % par an) que le marché mondial. Avec l'invention du Botox, le laboratoire Allergan a été la locomotive de la tendance "light" de l'esthétique moderne. Utilisée contre le strabisme puis pour la réduction des spasmes, cette toxine a effectué une percée décisive sur le marché de la cosmétique. David Pyott, PDG d'Allergan, indiquait, le 9 janvier à Paris, que les ventes de Botox avaient crû de 29 % en 2007 dans le secteur cosmétique et de 19 % pour le thérapeutique.

 

Allergan, qui vient de sortir un nouveau médicament qui allonge et refournit les cils, tente de faire homologuer le Botox dans le traitement des migraines chroniques. "Les effets secondaires du traitement sont un effacement des rides du visage", plaisante-t-il.


Le Botox d'Allergan devrait souffrir de la présence d'un concurrent en 2009. En effet, Galderma, un laboratoire né d'une coentreprise entre Nestlé et L'Oréal, fonde de grands espoirs sur l'Azzalure, un produit dérivé de la toxine botulique, dont l'autorisation de mise sur le marché est attendue pour la mi-2009. Un accord a été conclu avec Ipsen, propriétaire de la molécule, pour le commercialiser dans 40 pays européens. L'année 2009 va également voir émerger en Europe, le marché des appareils esthétiques : des outils de "rejuvénation" (lampe LED), d'épilation au laser commencent à être commercialisés pour les personnes qui rechignent à aller chez le dermatologue ou en clinique. Le traitement de la ride masculine pourrait alors aider au développement de ce marché de l'esthétique à domicile.

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