La Grippe en Tunisie: Le Point de la Situation (CAT)

Le terme «marronnier» qualifie un «sujet saisonnier» qui «reparait régulièrement (comme le floraison des marronniers d’Inde, au printemps)».

 

Il en est ainsi la grippe qui, avec les premiers froids, frappe régulièrement à nos portes.

 

Dans l’an dernier, son arrivée est annoncée dans un contexte un peu particulier : une mutation du virus (tant attendue mais guère espérée) serait imminente ; la pandémie qui en résultent ferait des millions de victimes, coûterait des milliards de dollars (ou d’euros), paralyserait les services publics…

 

Au delà de ces annonces, voilà ce qu’il faut savoir et faire :

 

  1. En Tunisie, à ce jour, il n’a pas été enregistré de cas humain en rapport avec le virus de la grippe aviaire (H5N1) ;

  2. Les critères devant faire suspecter la maladie sont la survenue brutale d’une fièvre > 38° associée à des signes respiratoires (toux, dyspnée, infiltrats pulmonaires) chez un sujet ayant effectué récemment un séjour dans une contrée (généralement située en Asie) reconnue ou supposée atteinte par un virus H5N1, à plus forte raison s’il a été directement exposé au risque (proximité, voire promiscuité avec des volailles infectés ; ou contact avec un malade) exposé au risque de contamination.

 

Les volailles domestiques sont contaminées par les oiseaux migrateurs. Le virus se transmet ensuite par voie aérienne (voie respiratoire), principalement par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les déjections des animaux infectés (vivants ou morts), mais aussi de façon indirecte par contact avec des surfaces ou matières contaminées (par l'intermédiaire de la nourriture, de l'eau, du matériel et des mains ou des vêtements souillés).

Les animaux susceptibles de transmettre la grippe A(H5N1) sont essentiellement des volailles : principalement poulets et canards.

 

Si vous êtes confronté à une telle situation, informez rapidement le ministère de la santé publique (DSSB, DGS).

 

Des services de référence (maladies infectieuses, pneumologie, réanimation) sont prévus pour l’hospitalisation des cas suspects.

 

En attendant l’évacuation du patient vers l’hôpital, le contact avec l’entourage doit être réduit ; faites porter un masque au malade.

 

Le diagnostic de certitude de grippe H5N1 est virologique ; le laboratoire de référence est celui de l’hôpital Charles Nicolle.

 

L’infection humaine au virus H5N1 est généralement sévère, les complications respiratoires sont fréquentes.

 

Au traitement symptomatique (repos, paracétamol, boissons abondantes), on associe l’oseltamivir (tamiflu) pendant 5-10 j selon la gravité du cas.

 

Le personnel en contact avec le sujet atteint du grippe H5N1 doit être protégé contre la contagion (port de masque chirurgical, lunettes, gants, surblouse, hygiène individuelle).

 

Le virus de la grippe aviaire, lorsque la souche est hautement pathogène, peut se transmettre, exceptionnellement à l'homme, comme cela a été observé pour le virus influenza A/H5N 1 à Hong Kong en 1997 et en février ou, au Vietnam où des foyers de virus aviaire ont été observés fin 2003.

 

Des cas de transmission à l'homme du virus influenza A/H7N7 ont été également observés aux Pays-Bas en 2003.

 

La transmission s'effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d'animaux infectés.

 

Quant à la possibilité d'une transmission interhumaine des cas possibles de transmission de personne à personne sont restés isolés et n'ont pas donné lieu à une transmission secondaire dans la communauté.

 

Cependant, la circulation concomitante d’un virus grippal humain chez les personnes exposées au virus aviaire A(H5N1) acquis au contact d'élevages de volailles touchés par la grippe aviaire, pourrait créer les conditions de l'émergence d'un nouveau virus grippal.

 

En effet, des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne doublement contaminée peuvent survenir.

 

Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l'apparition d'un virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme.

 

Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission interhumaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique voire pandémique, comme cela s'est vu dans le passé.

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